Vous pouvez retrouver tous ces poèmes et bien d'autres dans mes recueils présentés sur http://xavierlefloch.blog.mongenie.com Je donne des lectures publiques accompagnée au violoncelle par Livia Selmi. Si vous êtes intéressés, c'est simple comme un petit mail!
Il y a plus de belles femmes que d'heures qu'il me reste à vivre Voilà pourquoi Madame chaque jour je m'enivre
Bout d’bois habite un
marécage
Au milieu des bois.
Dans l’eau trouble il
nage
Roupille, mange et
boit.
Bout d’bois coule une
vie facile,
Aux chants des
oiseaux
Flotte son corps
gracile
Pour un bon dodo.
Quand, tout autour du
monde,
En un grand éclair,
L’orage tonne et
gronde,
Met le feu à
l’air !
Bout d’bois a sauvé
sa peau
Mais beaucoup sont
morts.
Il ne fait pas beau
Chez les alligators.
Bout d’bois goûte à
nouveau la vie,
Autour de l’avion
Gigots, steaks à
l’envi
Et, du filet mignon.
L’ébauche d’un soupir.
On s’y laisserait prendre,
On y passerait sa vie si,
La scie du violon ne reprenait les folies
D’un essaim d’oiseaux virtuoses.
Do ré mi et triples croches,
Le piano entre en scène et décolle,
Papillons multiformes, grenadine d’arpèges.
Cigales et fourmis s’entichent
Les flamants roses s’affolent
Les cordes s’acrostichent
La musique explose en plein vol
Ecrasé de chaleur
Sur une chaise en terrasse
Laisser fondre les heures
En un tour de passe-passe
Lever lentement mon verre
D’eau fraîche anisée
Pour embrasser comme un
frère
Mon râ liquéfié
Patienter jusqu’au soir
Qu’il s’éteigne dans la mer
Que j’étreigne dans le noir
Mon soleil blanc désert
Le toboggan dévale en un
reflet solaire
Des animaux sauvages dansent
sur leurs ressorts
Un ballon abandonné pleure
sur son sort
Allongé sur un banc de bois
L’enfant dort les bras en
croix
Sous son dos un blouson vert
Rejette sa tête en arrière
Il rêve de vies à l’envi
D’une oreille à l’autre
s’inscrit
Un grand sourire rougeoyant
Sous un nez proéminent
Quelques insectes
vrombissent, gloutons
Tournoient au dessus du
menton
Pour plonger sur la plaie
bientôt noire
Que le fil d’une lame
dessina dans le soir
« Plusieurs adolescentes de Tabriz (Iran) ont
tenté de se suicidé après la distribution d’un film d’une soirée où on les voit
danser, activité interdite par la loi
islamique »(A.F.P., Novembre 2002)
Quatre sauterelles ont fait le grand saut…
Pour, c’est idiot, le Grand Sot !
Quand ces demoiselles exécutèrent un pas,
Grand Sot éructa : « Tu ne danseras
pas ! »
Rock, gavotte ou polka,
Fox-trot ou mazurka ?
L’histoire ne le dit pas,
Mais le crime est bien là…
Qu’il soit d’Iran, de Rome ou de Mac Do,
Le Grand Sot est un affreux jojo
Qui tatoue des croix sur les corps mutilés,
Interdit de prier pour rire et de rire pour prier,
Qui façonne un peuple aveugle et sourd,
Punit tous les jeux de l’amour !
Autour du monde entier, belles sauterelles,
Swinguez ! Valsez !… Clouez-lui les
ailes !
Les mains accrochées aux
barreaux,
Que se passe-t-il dans mon
dos ?
Confinés comme des bestiaux
Dans une cellule aux murs
vieillots,
Un voleur de poules, un
gamin,
Un innocent et un assassin
Ecoutent le temps qui passe
Et les cervelles
trépassent !
Les mains accrochées aux
barreaux,
Que se passe-t-il dans mon
dos ?
Les sons, les goûts et les
odeurs
Ont tous la même saveur.
Celle de la merde et de
l’urine,
Il fait meilleur au fond des
mines.
Condamné à partager jusqu’à
ses excréments,
Le sain devient
dément !
Les mains accrochées aux
barreaux,
Que se passe-t-il dans mon
dos ?
Enchaîné aux aiguilles
Des billes plein les poches
Engloutir un soda vanille
A l’appel des cloches
Bien huilée, bien dressée
La mécanique articulée
Ligoté au clavier
Un écran pour visage
Sucer du gravier
Au son des mirages
Bien huilée, bien dressée
La mécanique articulée
Accroché au volant
Une puce dans la tête
Ecraser le vivant
Au klaxon d’une non-fête
Bien huilée, bien dressée
La mécanique articulée
Extrait de Des lyres, LPE 2006 http://xavierlefloch.blog.mongenie.com/
Ce rondel est grand’ire d’un
enfant
Mer, ciel et terre ne sont
que poubelles
L’oiseau-lyre se découpe en
rondelle
Les hirondelles n’ont plus de
printemps
Le tapir n’inspire plus sa
maman
Qui aspire au bonheur des
sauterelles
Ce rondel est grand’ire d’un
enfant
Mer, ciel et terre ne sont
que poubelles
Le poisson volant, lourd de
carburant
Tambourine les peaux des
fontanelles
Pour s’écraser sur les vagues
cannelle
Pêche miraculeuse de ce temps
Ce rondel est grand’ire d’un
enfant
Et nous abandonna sur le
sable
A jamais petits êtres
corvéables
Aux pâles destinées
malléables
A défaut de ripailler
Nous pouvons juste rimailler
Des vers feu de paille
Et nous acquitter de la
taille
A nos portes l’infamie rôde
Il ne nous reste que la
maraude
Nos vies ne seront pas
commodes
La poésie est passée de mode
Pour les bébés ventres
ballons
Tubés aux maigres mamelons
Les mouches fécondant leurs
yeux
D’œufs blancs
d’épouvantables dieux
Modelons une terre ronde
De nos prières vagabondes
Qu’eau, lait, tout aliment
abondent
En faveur des enfants du
monde
Pour les poupons enguirlandés
De chaînes en chaînes pour
trimer
Esclavage sans parodie
Sida et autres maladies
Façonnons une terre ronde
De nos prières vagabondes
Qu’or, droits et libertés
abondent
En faveur des enfants du
monde
Pour les bambins
escarmouchés
La jambe en moins ou bien le
nez
Une prothèse anniversaire
Mines et bombes pour le
dessert
Exigeons une terre ronde
Par nos prières vagabondes
Que toujours vies et paix
abondent
En faveur des enfants du
monde
Dans une cage d'escalier
Sur un banc, attablé
Fers forgés, verts
Comme l'espoir d'un enfer
Une rampe qui efface
Le marron d'une chasse
Vers quelques avocats
Qui des barreaux jouent la loi
Dans une cage éventée
Sur un banc fatigué
Vieux calvaire décroisé
Comme l'envie d'oublier
Cette rampe qui toujours
Dévalera sans retour
Pour simplement suicider
Un soupçon d'attablé